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Journal Spécial des Sociétés
3es Rencontres Centraliens-Medef - Pour une France d’entrepreneurs innovants
Publié le 09/01/2018

L’Association des Centraliens et le Medef se sont récemment interrogés sur les facteurs qui motivent ou au contraire qui paralysent l’innovation. Ils ont ainsi mené une large enquête auprès de 600 ingénieurs, entrepreneurs et dirigeants d’entreprise. Pour 76 % d’entre eux, le management représenterait un frein pour l’innovation. Le 15 décembre dernier, lors des 3es Rencontres Centraliens-Medef, les deux organismes se sont réunis pour débattre sur les résultats de cette enquête et en tirer des enseignements. Ils ont, à cette occasion, formulé des propositions, un début de réponse à la problématique du jour : « Pour une France d’entrepreneurs innovants : quelles mesures à expérimenter d’urgence ? »



« Libérer l’innovation en France est une priorité pour notre pays. Le développement de l’innovation passera par notre capacité à faciliter la prise de risques, à favoriser le financement de l’innovation notamment en early stage vers les start-up, à renforcer notre culture de l’innovation. L’Association des Centraliens est heureuse d’organiser cet événement en partenariat avec le Medef. » affirmait le vice-président de l’Association des Centraliens Frédéric Doche.


En effet, en mai dernier, l’Association des Centraliens et le Medef ont lancé de concert une enquête portant sur les obstacles et les soutiens de l’innovation en France. Ils ont profité de cette étude pour interroger les ingénieurs, entrepreneurs et dirigeants d’entreprise sur le rôle de l’État au sujet de ces problématiques et l’impact qu’aurait un principe d’innovation dans le droit français.


Pour le patron des patrons Pierre Gattaz, « La France, pour devenir la Silicon Valley de l’Europe, doit relever les défis de l’innovation de rupture et encourager la prise de risque des chercheurs, innovateurs et entrepreneurs. » « Cela suppose de conserver un niveau scientifique d’excellence et de diffuser largement la culture de l’innovation, d’expérimenter à grande échelle les services et produits innovants, mais aussi d’amplifier sensiblement l’effort de financement de la croissance des entreprises innovantes », poursuit le président du Medef.

 


L’innovation : accélérateurs et limites


En ce qui concerne les freins, le management de l’innovation semble être, à 76 %, le principal obstacle de l’innovation. Le manque de lien entre le marché et la recherche (70 %) et la culture de l’innovation – tel que la peur de l’échec et le conservatisme – (66 %), sont également des raisons relevées comme diminuant les démarches innovantes. « Les entreprises doivent mieux manager les processus d’innovation en accordant plus d’attention à la culture d’entreprise, trop marquée par la peur de l’échec, le conservatisme, l’aversion au risque et le manque de lien entre la recherche et le marché » assure les deux institutions dans leur communiqué.


Pour ce qui est des leviers, le développement des liens entreprises-recherche (76 %) et l’expérimentation des produits innovants dans les entreprises et dans les villes (65 %) sont jugés comme accélérateurs dans ce domaine.


 



 

La place de l’État


Pour la majorité des personnes interrogées, l’État semble ne pas jouer un rôle clé pour promouvoir l’innovation au travers de la commande publique (56 %) et de l’enseignement (55 %).



L’impact d’un principe d’innovation dans le droit ?


Enfin, lors de leur enquête, l’Association des Centraliens et le Medef se sont intéressés à l’impact d’un principe d’innovation dans le droit français.


À 61 %, les interrogés affirment que cela n’aurait pas une incidence forte. Celui-ci donc « n’est pas réellement considéré comme un obstacle, mais son anticipation par l’entrepreneur soulève des incertitudes qui finissent par paralyser la prise de risque » souligne le communiqué.


À 63 %, les questionnés estiment que l’inscription dans le droit européen d’un principe d’innovation n’engendrera pas d’effet marqué sur l’innovation en France.


Enfin, une majorité (53 %) considère que le principe d’innovation est complémentaire avec le principe de précaution.


S’emparant de cette problématique, les deux organismes ont formulé douze propositions (voir encadré), permettant de répondre au mieux aux désirs d’innovation des entreprises, et ont ainsi distingué trois leviers prioritaires :


l’élaboration d’une culture de l’innovation adaptée au XXIe siècle ;


le management à grande échelle d’expérimentations ;


le financement risqué d’innovations de rupture.





Les 12 mesures prioritaires pour dynamiser l’écosystème de l’innovation et relever les défis de la nouvelle révolution industrielle

 

Mesures prioritaires pour renforcer la formation et diffuser la culture d’innovation :

1. Créer dans le cadre de la réforme en projet du baccalauréat, une option renforcée en mathématiques, informatique et physique.

2. Développer la formation continue à et par la recherche pour stimuler les capacités des ingénieurs et chercheurs à relever les défis des innovations de rupture.

3. Généraliser la formation au numérique en définissant un socle de compétences à acquérir par voie de certification.

4. Reconnaître un droit à l’expérimentation d’innovation managériale, dans un cadre européen.


Mesures prioritaires pour la mise en œuvre d’un principe d’expérimentation :

5. Développer les dérogations temporaires aux règles en vigueur, autorisées par la loi.

6. Faciliter l’accès des prototypes à des terrains d’expérimentations dans les villes et les entreprises.

7. Inciter les acheteurs publics à des commandes publiques innovantes pour expérimenter dans les PME et ETI.

8. Promouvoir, dans les investissements d’avenir et le fonds innovation, des démonstrateurs en faveur des villes durables, des voitures autonomes et de la télémédecine.


Mesures prioritaires pour amplifier le financement de l’innovation :

9. Stabiliser et sécuriser le crédit d’impôt recherche (CIR).

10. Reconsidérer les orientations du crédit impôt innovation (C2I) pour en augmenter l’effet de levier ou sinon l’abandonner.

11. Favoriser le développement des business-angels en encourageant la prise de risques.

12. Réorienter une partie de l’épargne française vers le capital-risque.






Constance Périn


               


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