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Journal Spécial des Sociétés
Audience solennelle de rentrée du Tribunal de grande instance de Nanterre
Publié le 09/02/2019

Le parquet français est-il en crise ? « Oui », affirme l’inspection générale de la justice (IGJ) dans un rapport  baptisé « Mission sur l’attractivité des fonctions de magistrat du ministère public », rendu le 20 décembre dernier à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Ce document fait état du malaise profond dont souffre le ministère public en France, et qui se traduit par une fuite des magistrats du parquet vers le siège. « Ce rapport précis, motivé, documenté et sans concession montre que la crise d’identité du ministère public est profonde et que nous n’exagérions pas », avait déclaré à l’époque Éric Mathais, président de la Conférence nationale des procureurs de la République (CNPR) à l’AFP. Après 10 ans de fonction en effet, 55 % des procureurs quittent leur poste et 64 % après 15 ans. En cause : surcharge de travail, horaires interminables, encombrement des tribunaux, multiplication des missions, etc. Ainsi, le taux de vacances des postes est préoccupant. Actuellement, 175 magistrats supplémentaires seraient nécessaires pour assurer le bon fonctionnement de la justice indique le rapport de l’IGJ.

 

À la tête du parquet de Nanterre depuis quatre ans, Catherine Denis n’a pas manqué de rappeler, lors de l’audience solennelle de rentrée du TGI de Nanterre, ce contexte dramatique, en dénonçant « le sous-effectif chronique » dont souffre le parquet. Fermement, elle a appelé la Chancellerie à agir et à prendre des mesures. « Le temps de la réflexion est largement dépassé et il convient d’entrer dans celui de l’action », a-t-elle vigoureusement déclaré. Même constat du côté de la présidente du TGI, Catherine Pautrat, qui a pointé du doigt dans son discours la diminution « de nos capacités de jugement », dont une des causes principales est la vacance des postes, et ce, dans un contexte où l’activité, notamment pénale, a augmenté en 2018. Malgré tout, « le TGI de Nanterre ne se laissera pas aller aux plaintes ou aux larmes, car il est important d’aller de l’avant quelles que soient les difficultés et les exigences », a-t-elle promis d’un ton décidé. Un état d’esprit opportun, alors que l’année 2019 s’annonce chargée « avec l’entrée en application progressive de la réforme structurelle de l’institution judiciaire ».

 

Maria-Angélica Bailly

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