Réseaux sociaux JSS
Réseaux sociaux JSS
Réseaux sociaux JSS
Réseaux sociaux JSS
Réseaux sociaux JSS
Journal Spécial des Sociétés

Entretien avec Coralie Bouscasse, Présidente de l’Association française du contract management

Publié le 17/03/2017

Face au besoin stratégique de performance contractuelle, les directions juridiques de quatre grands groupes français, Thalès, Areva, DCNS, Engie, ont créé l’Association française du contract management (AFCM) il y a trois ans. Si le contract management fait son chemin au sein des entreprises, il est essentiel pour l’AFCM de le promouvoir au sein des entreprises françaises.


Rencontre avec Coralie Bouscasse, son président, qui décrypte avec nous les enjeux de cette nouvelle fonction – dont le rôle est de gérer les relations contractuelles entre l’entreprise et ses clients – qui tend à s’élargir de plus en plus.



Quelle est la plus-value d’un contract manager dans l’anticipation et la maîtrise des risques contractuels par rapport aux juristes d’entreprise ?


La plus-value du contract manager réside dans le fait que l’on va lui demander d’intégrer à la fois la dimension opérationnelle et la dimension contractuelle du projet. Le juriste quant à lui va être associé à la rédaction de l’offre mais sauf exception, il n’aura pas une vision extrêmement précise sur la construction du prix ni sur les problématiques opérationnelles qu’il conviendra de surmonter. Le contract manager aura une approche plus large et globale qui englobera à la fois l’aspect opérationnel et le volet contractuel du projet.


Qu’est-ce qui, chez un contract manager, garantit sa compréhension des enjeux globaux d’un projet ?


Ce qui garantit la compréhension des enjeux globaux du projet et par conséquent sa parfaite efficacité, c’est sa participation le plus en amont possible du projet. Comme disent les Anglais : « from the cradle to the grave », du berceau à la tombe !


Sur toutes les phases du projet à mener, le contract manager doit être présent. Chacune d’entre elles est intimement liée à l’autre et sont de facto interdépendantes les unes aux autres. La qualité de la rédaction de l’offre va dépendre de la perception de la capacité technique de l’entreprise à répondre à l’expression des besoins du client. En d’autres termes, la rédaction du contrat va dépendre du résultat de la négociation de l’offre alors que les positions du contract management élaborées et tenues dans le cadre du contrat vont dépendre de l’exécution du contrat.



De quelles ressources dispose-t-il concrètement pour maîtriser les risques inhérents à l’ensemble contractuel dont il a la charge ?


Il va lui falloir des moyens financiers et humains. Les moyens financiers représentent le budget qui est alloué au contract manager pour mener à bien sa mission, ce budget lui permettra de constituer son équipe, elle-même dimensionnée par la taille et la complexité du projet auquel il est affecté. Le contract manager devra s’entourer de « quantity surveyor », de « quality surveyor », de superviseurs, d’ « asset contract manager », etc. Les profils seront variables selon les secteurs d’activités.



Les outils du contract manager ont-ils évolué, par exemple se tourne t-il plus qu’avant vers les modes alternatifs de règlement des différends ?


Il faut lutter contre une idée fausse qui est de croire que le contract manager est là pour faire des réclamations ou claims. Il est avant tout là pour faire respecter l’équilibre du contrat, ou en d’autres termes les droits et obligations de chacune des parties et c’est là sa mission première, et ce quel que soit le contrat. Pour le vendeur, il est le gardien de la marge ! Celle qui était décidée au moment de la signature du contrat. Selon les circonstances dans lesquelles se déroulera le projet, le contract manager sera un vecteur important de l’amélioration de cette marge. Employé par le client, le contract manager participera à la sécurisation du déroulement du projet dans le respect du calendrier et du budget définis au début du projet.


La survenance du contentieux peut être assimilée à l’échec ou à l’incapacité des parties à comprendre et à gérer dans leur intérêt commun une situation à laquelle ils font face.


Pour être efficace, le contract manager doit être capable de se situer au carrefour des acteurs du projet : client, le(s) fournisseur(s)
mais également les équipes internes qui l’informent des avancées et difficultés rencontrées. Il a le devoir d’informer les parties prenantes de l’écart constaté et doit être capable de proposer des mesures à prendre pour y remédier afin de préserver l’équilibre contractuel agréé par les parties à la date de signature du contrat.



Que nous disent les évolutions de la fonction du contract manager sur l’environnement juridique des entreprises ?


Ces évolutions indiquent et traduisent que le rapport de force qui s’établissait entre les parties principalement lors de la phase de négociation du contrat s’est déplacé et s’étend dorénavant lors de la phase d’exécution. (…)


Propos recueillis par Cécile Leseur



Retrouvez la suite de cet article dans le Journal Spécial des Sociétés n°21 du 15 mars 2017


S’abonner au journal


 


0 commentaire
1 + 0 =
Journal Spécial des Sociétés
Journal parisien d'annonces légales et de formalités
n° 87
15 novembre 2017
Journal des sociétés - mensuel du droit

n° 157

novembre 2017

Regards croisés en droit européen sur l’actualité de la propriété intellectuelle

Journal Spécial des Sociétés - 8 rue Saint Augustin - 75002 Paris - Tél 01 47 03 10 10