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Journal Spécial des Sociétés

Entretien avec Jean-Marc André, bâtonnier du barreau de Versailles

Publié le 14/11/2017

A l’occasion de la rentrée du barreau de Versailles le 13 octobre dernier, son bâtonnier Jean Marc-André est notamment revenu sur les propriétés de sa fonction et les spécificités qui caractérisent le territoire yvelinois. Celui dont le mandat se termine à la fin de l’année (remplacé par le bâtonnier élu Maître Christine Blanchard-Masi qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2018) s’exprime également sur l’actualité judiciaire, notamment sur la réforme de la carte judiciaire, rappelant à ce sujet que la profession demeure « mobilisée et vigilante ».



Pouvez-vous vous présenter ? Quel a été votre parcours avant de devenir bâtonnier ?


J’ai effectué mes études de droit à l’université de Paris X Nanterre. Le droit du travail m’a toujours passionné, et lorsque je suis arrivé à l’école d’avocat en 1995, j’ai eu la chance de pouvoir faire mon stage au sein du cabinet Grumbach à Saint-Quentin-en-Yvelines. Une fois inscrit au barreau, je suis devenu pour deux ans secrétaire de la Conférence après le concours d’éloquence auquel tout jeune avocat doit concourir.


Mon activité s’est ensuite développée en droit du travail et en droit pénal. À partir de 2005, j’ai été membre du conseil de l’Ordre des avocats de Versailles. J’ai été élu bâtonnier en juin 2015 pour une prise d’effet au 1er janvier 2016.



Quelles sont les spécificités économiques et sociales du territoire du barreau de Versailles ?


Le département des Yvelines est très contrasté tant sociologiquement qu’économiquement. Il s’agit d’un département dynamique, jeune et qui regorge de territoires au sein desquels les richesses humaines sont innombrables, mais qu’il faut savoir aider et mettre en avant.


Les avocats qui composent le barreau de Versailles savent répondre à toutes les attentes que ce soit en matière de conseil, de contentieux, d’assistance, de médiation, tant vis-à-vis des particuliers que des sociétés, très petites, petites ou grandes.


 

Vous avez déclaré lors de votre discours « L’avocat n’est pas l’ennemi du juge ». Que faut-il faire d’après vous pour restaurer la confiance ?


Il suffit simplement que les magistrats ne perdent pas de vue que les avocats sont nécessaires et indispensables afin que la décision qui sera rendue soit motivée et comprise. Il faut aussi que certains comprennent que l’avocat ne fait pas un métier facile, et se souviennent que le respect des usages et la courtoisie font partie des fondamentaux sur lesquels on ne peut transiger dans les relations entre nos deux professions.



La garde des Sceaux a récemment déclaré devant l’Union syndicale des magistrats (USM) qu’elle n’avait pas de carte judiciaire déposée sur son bureau et qu’aucun lieu de justice ne fermera. Que craignez-vous ? N’y a-t-il pas une sorte de « traumatisme » né de la précédente réforme de Rachida Dati ?


Bien sûr qu’il y a un traumatisme !!! On se souvient de la marche forcée de Madame Dati pour supprimer des juridictions de première instance.


Y a-t-il eu un bilan de la réforme Dati ? La justice est-elle mieux rendue depuis ? Les magistrats travaillent-ils mieux ?


S’agissant des cours d’appel, la profession est mobilisée et vigilante car le discours gouvernemental ne nous rassure pas du tout. Madame la garde des Sceaux et Monsieur le Premier ministre ne cessent de nous dire qu’aucun lieu de justice ne fermera. Si c’est le cas, pourquoi annoncer une réforme ? Que l’on nous dise ce qu’est un lieu de justice et si aucun ne ferme alors que contiendra ce lieu de justice ?


On ne peut à la fois vouloir développer l’accès au juge pour le justiciable, vouloir poursuivre un maillage territorial qui permet aux justiciables de trouver un avocat et un juge près de chez eux, et dans le même temps entretenir le flou sur la carte judiciaire dont la finalité est de réduire des coûts et donc d’éloigner le citoyen de son juge si des cours d’appel disparaissent.


La justice est un régulateur social. Elle ne peut être appréhendée sous le seul angle économique. Faire ainsi serait une erreur majeure et aux conséquences sociétales importantes.



La ministre de la Justice n’était pas présente lors de la signature par Emmanuel Macron de la loi antiterroriste qui doit prendre le relais de l’état d’urgence, en revanche Gérard Collomb était là. Est-ce une fausse polémique ou est-ce révélateur d’une loi que certains qualifient de « liberticide » ?


Ce qui compte c’est le contenu des textes… les personnes présentes ou non on s’en moque. Ce qui est certain c’est que de fait l’état d’urgence est permanent puisque l’exception de l’état d’urgence devient la norme de par cette nouvelle loi.


Le juge judiciaire, gardien des libertés individuelles, est quelque peu mis de côté comme si l’État avait une défiance vis-à-vis de lui. Notre arsenal législatif était suffisant pour faire face aux menaces. On fait avant tout de la communication pour rassurer la population.


Il est du devoir des avocats, défenseurs des libertés, d’intervenir pour alerter et dénoncer lorsque les politiques vont au-delà de l’admissible.



Quel(s) projet(s) important(s) vous reste-t-il à réaliser pour le barreau de Versailles ?


Beaucoup de choses ont été faites en deux ans. Je me suis toujours efforcé d’agir dans l’intérêt de mes confrères tant sur le plan du développement de l’activité professionnelle que sur le plan de l’amélioration de nos garanties. J’ai toujours eu à cœur que notre barreau soit davantage solidaire et juste. Il y a encore des réformes à poursuivre (communication, services aux justiciables, économiques…) et j’espère pouvoir y contribuer aux côtés de Madame le bâtonnier élu (Maître Christine Blanchard-Masi) qui prendra ses fonctions le 1er janvier 2018.


 


Propos recueillis par Victor Bretonnier


 


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