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Journal Spécial des Sociétés
L’avocat face à l’Intelligence Artificielle
Publié le 08/11/2019

Thierry Bernard, président du cercle des stratèges disparus (CSD), a accueilli Bernard Hawadier, avocat à la cour d’appel d’Aix-en-Provence, auteur de L’avocat face à l’Intelligence Artificielle. L’intervenant a exposé sa perception des bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle et les robots dans le monde de la justice.






Bernard Hawadier a commencé par un constat. À l’origine, l’Homme savait fabriquer l’outil qu’il utilisait. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et nous dépendons désormais des équipements qui nous assistent. L’intelligence artificielle bouleverse le métier d’avocat comme tous les autres. Elle change le droit, elle transforme la justice dans ses fondements. Pourtant le rôle profond du magistrat structure la société. Le droit, à la base conçu pour rétablir des équilibres sociaux, est devenu une science de l’application des textes. C’est-à-dire un espace parfaitement propice à l’épanouissement du robot. Qui mieux que le robot retrouvera le texte enfoui au fond d’un code encyclopédique ? a interrogé l’avocat. L’immixtion de l’IA dans le milieu de la justice occupe une place influente et oriente son évolution. Mais l’intelligence artificielle existe-t-elle vraiment ou est-ce un mythe créé de toutes pièces ? Réfléchir à notre place, éventuellement contre nous, notre créature risquerait de nous dominer. Cependant, cette machine effrayante reste pour l’heure de l’ordre du fantasme.


L’intelligence artificielle se montre performante dans ce qu’on lui a appris à faire. Si elle apprend seule, cela reste dans un schéma délimité, et ne va pas au-delà. Son développement se conjugue à l’exercice d’un pouvoir, celui du codeur qui construit l’algorithme enregistré dans l’ordinateur. Le programmeur, en déterminant le fonctionnement de l’IA, marque de son empreinte les décisions et les actions de ses utilisateurs. On comprend dès lors combien les acteurs économiques ou gouvernementaux sont intéressés par ce pouvoir.


Malheureusement, de plus en plus, le verbe est désacralisé. Or, le sens des mots est fondamental. Les ordinateurs, les téléphones ne connaissent que deux chiffres 1 et 0. Le langage y perd sa subtilité, notamment dans l’exercice du droit. Aujourd’hui, tout juriste cherche avec son logiciel un arrêt qui colle à son affaire. Il ne pose plus le problème pour l’analyser. Selon l’intervenant, l’intelligence artificielle se substitue par conséquent au raisonnement juridique, au savoir-faire.


En dernier lieu, Bernard Hawadier a noté une rupture anthropologique et la question se pose de reconnaître la personnalité juridique des robots. Pour lui, la clé est dans la maîtrise. L’humain doit imposer son libre arbitre, décider de l’usage de ses données personnelles, conserver ses capacités d’adaptation. L’Homme et la machine ensemble seront toujours plus forts que l’Homme ou la machine individuellement !

 


Agenda


La prochaine matinée du Cercle des stratèges se tiendra le 29 novembre, en compagnie de Denis de Kergorlay, président du Cercle de l’union interalliée

Renseignements : Thierry Bernard, csdasso@gmail.com


 


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