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Journal Spécial des Sociétés
Mehdi Kebir, lauréat du prix de la recherche 2018 de l’École nationale de la magistrature -
Publié le 10/01/2019

Le 20 décembre dernier, l’École nationale de la magistrature (ENM) a remis son Prix de la recherche 2018 à Mehdi Kebir pour sa thèse intitulée « Le libre arbitre du juge », soutenue le 18 mars 2017 à l’École doctorale Sciences de l’homme et de la société, à Tours.




Depuis 2010, l’ENM récompense chaque année des travaux de recherche « dans le domaine des pratiques judiciaires ou comparées, ou encore relatifs à l’organisation et au fonctionnement de la justice », via son prix de la recherche. Le lauréat 2018, Mehdi Kebir, distingué pour ses travaux consacrés au « libre arbitre du juge », s’est ainsi vu remettre à cette occasion une gratification de 5 000 euros, ainsi qu’une proposition de publication de leurs travaux dans la collection « Bibliothèque de la justice » de l’éditeur Dalloz.


Actuellement juriste assistant du parquet au sein du TGI de Tours, Mehdi Kebir – lequel a déjà remporté en 2014 le prix régional et le prix du public du concours « Ma thèse en 180 secondes » – l’affirme : « Le Prix de la recherche de l’ENM est la distinction la plus prestigieuse pour les chercheurs qui s’intéressent à la Justice et au procès, ce qui était bien sûr mon cas. »


Déjà intéressé par ce sujet en master II, il avait consacré son mémoire de fin d’année à l’aléa judiciaire, sous la direction du Professeur Nicolas Cayrol, devenu par la suite son directeur de thèse. « Ce mémoire m’a permis de découvrir la complexité fondamentale de l’acte de juger et cela m’a donné envie d’approfondir la réflexion », confie l’auteur.


Lorsqu’on l’interroge sur sa thèse, Mehdi Kebir aime citer François Rabelais qui, dans Le Tiers Livre (1552), raconte l’histoire du juge Bridoye, lequel décide de trancher les litiges en les jouant aux dés ; une parfaite illustration pour lui du libre arbitre du juge dans l’acte de juger. Considéré comme nécessaire, ce libre arbitre peut toutefois, selon Mehdi Kebir, susciter un sentiment de rejet, associé au subjectivisme ou aux aléas judiciaires. Il considère en effet qu’aujourd’hui, le libre arbitre du juge créerait un sentiment d’angoisse, tant pour les particuliers que pour les entreprises et les institutions « en quête de certitude dans l’application du droit » (il suffit d’écouter les débats actuels portant sur la justice prédictive). « Faire la part des choses entre le bon libre arbitre du juge du mauvais », tel est l’intérêt des travaux de recherche du lauréat 2018 qui a cherché, à travers sa thèse, à déterminer « la valeur du libre arbitre du juge ». Pour lui, il s’agit d’une « valeur duale » : mobilisé utilement, ce libre arbitre peut être un gage de qualité des décisions de justice ; composante essentielle de l’art de juger. À l’inverse, utilisé de façon abusive, il dérive et peut s’associer à de l’arbitraire, menaçant « l’équilibre de l’institution toute entière ».


Et lorsqu’on l’interroge sur l’utilisation éventuelle de ces enseignements, lui qui affirme qu’il ne lui appartient pas d’en juger, s’amuse à répondre  « Alea jacta est, les dés sont jetés ».


 


Constance Périn


 


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Journal des sociétés - mensuel du droit

n° 174

mai 2019

La protection du secret des affaires en France et en Europe : un transposition réussie ?

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