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Journal Spécial des Sociétés
Produits de grande consommation et inflation des prix : pas de « hausses suspectes » généralisées mais « certaines pratiques contestables », selon le Sénat
Publié le 10/08/2022 10:00
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Depuis quelques semaines, alors que le prix de certains produits s’envole, une enquête du Sénat montre que ces variations seraient justifiées par le contexte mondial. Pourtant, les tarifs peuvent parfois varier du simple au triple d’un industriel à l’autre, et des distributeurs n’hésitent pas à augmenter le prix en rayon après avoir officiellement refusé les hausses demandées.

 


Viandes surgelées en hausse de plus de20 %, 17 % pour les pâtes, 13 % du côté de la moutarde et 12 % du café... Depuis quelques semaines, les prix de plusieurs produits de grande consommation s’envolent. Fait inédit depuis 30 ans, en juin 2022, l’inflation en France sur un an s’est établie à 5,8 % (5,7 % pour les produits alimentaires). Face à la grogne des consommateurs et à des suspicions de revalorisations gonflées artificiellement par les industriels, le Sénat a mené une enquête.


Celle-ci révèle dans un premier temps que bien qu’en moyenne, les prix des marques nationales aient augmenté de 4,16 %, et ceux des produits « premiers prix » et des produits vendus sous marque de distributeurs ont augmenté respectivement de près de 10 % et de 7 %, « il ne semble pas y avoir de phénomène généralisé de hausses injustifiées des tarifs de la part des industriels vis-à-vis des distributeurs, sauf exceptions ».


Les demandes de hausses de prix seraient principalement liées à la flambée du coût des matières premières. Les industriels n’auraient en réalité pas d’autres choix que de les répercuter sur leurs prix, ou de comprimer leurs marges « déjà malmenées par neuf années de déflation des prix », observe le Sénat. Pour faire simple, l’inflation serait davantage justifiée par la reprise économique, les aléas climatiques et la guerre en Ukraine que par un gonflement artificiel des prix, explique le groupe de suivi.


D’ailleurs, le niveau d’inflation en France, bien qu’élevé, reste inférieur à celui constaté dans la zone euro. En moyenne, l’augmentation des prix y atteint 8,6 % en juin 2022 – les produits alimentaires, en particulier, augmenteraient de 8,9 %. Selon Eurostat, l’inflation serait en effet de 8,2 % en Allemagne, de 10,5 % en Belgique, de 10 % en Espagne, de 8,5 % en Italie, de 10,3 % au Luxembourg et de 9,9 % aux Pays-Bas. Si la France s’en sort mieux, analyse le Sénat, c’est grâce aux mesures publiques de soutien du pouvoir d’achat des Français et à la « plus grande rudesse » des négociations commerciales entre industriels et distributeurs.


 

Distributeurs et industriels se renvoient la balle


Toutefois, l’étude ne manque pas de pointer « certaines pratiques contestables » de la part des industriels comme des distributeurs, et qui pourraient déboucher sur des ruptures d’approvisionnement.


C’est en effet une vaste partie de ping-pong dans laquelle les uns et les autres se renvoient systématiquement la balle. Le Sénat rapporte par exemple que d’après les industriels, certains distributeurs augmenteraient les prix en rayons après avoir refusé les hausses de tarifs qui leur étaient demandées. Par ailleurs, ils « gagneraient du temps » en laissant les renégociations s’éterniser, afin de s’approvisionner à l’ancien tarif, moins élevé.


De leur côté, les distributeurs se plaignent de hausses de prix insuffisamment justifiées mais aussi inégales : selon eux, les hausses de tarifs pour un même produit peuvent parfois aller du simple au triple d’un industriel à l’autre – à l’instar de l’eau minérale, dont le prix varierait de 8 % à 22 % en fonction des fournisseurs.


 

Une meilleure rémunération pour faire face à l’inflation


À la rentrée, l’inflation devrait se poursuivre pour atteindre entre 7 et 10 %. Sophie Primas, présidente de la commission, s ’en inquiète : « combinée à l’augmentation du prix de l’énergie, l’inflation des prix des produits de grande consommation ampute significativement le pouvoir d’achat des Français ».


Selon le rapport du Sénat, la politique de chèques souhaitée par le Gouvernement n’est, à ce titre, pas une solution, mais « des mesures ponctuelles très onéreuses , des sparadraps sur des jambes de bois (…) Un chèque ponctuel ne pallie les effets que d’une petite partie de l’inflation supportée par les ménages. (…) Il n’y a que la rétribution du travail qui permette aux consommateurs de faire face durablement à la hausse des prix. »


Pour Sophie Primas , plutôt que d’augmenter les dépenses publiques, il faudrait au contraire « une politique ferme de revalorisation du travail et notamment de défiscalisation et de socialisation des heures supplémentaires ». À son sens, cette meilleure rémunération pourrait passer par une baisse durable des charges afinn d’augmenter le salaire net des salariés et des indépendants, mais aussi des retraités.

 

Bérengère Margaritelli

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