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Journal Spécial des Sociétés
Au 74e Congrès des experts-comptables, la profession sera « au cœur des flux »
Publié le 18/09/2019

Du 25 au 27 septembre, la prochaine édition du congrès de la profession comptable entend placer l’expert-comptable « au cœur des flux, qu’ils soient financiers, humains, de données, dématérialisés, virtuels, réels ou physiques », et réserve toute une série d’espaces et d’ateliers innovants – digital workplace, ateliers « ikigai », etc. – aux quelque 6 000 congressistes attendus.

À l’occasion d’une conférence de presse, jeudi 12 septembre, Charles-René Tandé, président de l’Ordre des experts-comptables, a fait un point sur le prochain congrès de la profession, qui se déroulera du 25 au 27 septembre à Paris.

Une 74e édition qui s’annonce « encore plus importante que d'habitude, car tous les records seront battus », s’est-il réjoui. En effet, pas moins de 6 000 congressistes et 220 partenaires ont répondu présents pour ce rendez-vous donné – peut-être – pour la dernière fois à la porte Maillot, puisque le président de l’Ordre envisage de déplacer l’événement porte de Versailles dans les années à venir, afin de faire face à une affluence toujours plus grande.

Charles-René Tandé s’en est félicité : cette présence massive est un « signe de vitalité de la profession, toujours en croissance ; dynamique, prête au changement ». En effet, le président de l ’Ordre l’a martelé : ce ne sont pas l’automatisation, la dématérialisation, le numérique qui vont faire baisser l’activité de l’expertise comptable !

« Au contraire, l’étape que nous vivons va permettre de continuer notre croissance sur d’autres activités, à plus forte valeur ajoutée », a-t-il affirmé, tenant à mettre un terme à l’idée d’une « mort annoncée de la comptabilité ». Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : si la profession comptait 12 500 membres il y a 35 ans, aujourd’hui, il n’y a pas moins de 20 500 experts-comptables en France. Une croissance qui ne tarit pas : 1 113 étudiants ont été diplômés en expertise-comptable en 2018. De quoi « assurer le renouvellement », a certifié Charles-René Tandé.

LES FLUX, « MATIÈRE PREMIÈRE » DE L’EXPERT-COMPTABLE

Alors que plus de 2 millions d’entreprises sont conseillées par un expert-comptable, cette année, l’événement annuel de la profession donne un coup de projecteur à « l’expert- comptable au cœur des flux », « car les données, les flux, sont sa matière première », a souligné le président de l’Ordre.

En effet, « les clients des experts- comptables évoluent de plus en plus dans un environnement où la technologie et les interactions avec le monde réel s’intensifient, et dans un univers stigmatisé par des échanges de flux importants, le plus souvent numérisés », rappelle le Conseil supérieur de l’Ordre, organisateur de l’événement. Pour autant, précise ce dernier, la thématique du congrès « ne peut être abordée par le seul prisme numérique des flux », sous peine de ne pas « prendre en compte d’autres natures de flux qui ne sont pas directement liés à la technologie, au numérique, à la dématérialisation ou encore à l’informatique. Le 74e congrès n’est pas un congrès dont la thématique centrale est le numérique. Il porte sur l’humain avant tout et place l’expert-comptable au cœur des flux, qu’ils soient financiers, humains, de données, dématérialisés, virtuels, réels ou physiques. La technologie est donc abordée comme un outil et un moyen et non comme une fin en soi. L’expert-comptable est placé au cœur des flux, car ce n’est pas la technologie qui est au cœur des hommes ni les flux qui sont l’épicentre des cabinets ».

DES ATELIERS INNOVANTS POUR BOOSTER LES SOFT SKILLS

Limitée à trois formats (1h30, 1h et 30 minutes) et sept types de séminaires (plénières et ateliers), cette nouvelle édition se veut optimisée pour permettre à ses participants de « rentabiliser au maximum [leur] participation ».

Sanaa Moussaid, rapporteure, vice-présidente du Conseil supérieur en charge de la stratégie numérique, a précisé, à l’occasion de la conférence de presse, que le Conseil s’était donné pour mission de mettre en place des « ateliers innovants », « afin d’ouvrir le champ de compétences de l’expert-comptable vers les soft skills ». Parmi les nouveautés au programme, des ateliers sur la qualification, pour « apprendre de façon ludique », ou encore des ateliers « ikigai » (en référence au concept japonais du même nom, qui peut se traduire par « la joie de vivre », « la raison d’être » ; source de motivation pour atteindre un objectif), destinés à « accompagner les experts-comptables pour qu’ils trouvent du plaisir dans leur travail », a indiqué Sanaa Moussaid.

« Il y aura également beaucoup de nouveautés sur les espaces », a promis la rapporteure, à l’instar d’un « bureau du futur », qui accueillera des start-up, d’une « conference room », qui permettra une retransmission en direct ou en différé des ateliers, ou encore d’un espace de coworking « pour que les confrères puissent se retrouver, échanger entre eux, ailleurs que dans les couloirs », où un animateur orientera les discussions sur plusieurs grandes thématiques telles que l'attractivité, le recrutement, etc.

Autre innovation mise en avant : le « digital workplace », qui « permettra à une trentaine de jeunes experts-comptables de faire des démonstrations d’outils et de logiciels qu’ils maîtrisent – comme Slack – auprès de leurs confrères plus confirmés, qui n’ont pas forcément eu le temps de s’y mettre », a informé Fabrice Heuvrard, expert-comptable et commissaire aux comptes. « Jamais nous n’avons eu autant d’innovation dans notre métier, a estimé ce dernier. Nos confrères ont besoin d’être aidés dans leur choix de logiciels. Nous en avons beaucoup à disposition, mais pendant longtemps, nous n’avions aucune grille de lecture. » D’où l’objectif de ce « digital workplace » qui est de proposer une grille de lecture, afin que les professionnels puissent analyser les logiciels disponibles et les choisir à bon escient.

Le congrès répondra par ailleurs à diverses problématiques autour de la blockchain et de l’intelligence artificielle, « mais avec une appréhension de l’humain et pas seulement de la technologie pure », a nuancé Dominique Perier, président du Comité technologique du Conseil supérieur ; notamment sur leur impact sur la profession et l’humain.

L’événement sera en outre « axé sur la relation client, pour rappeler aux confrères que nous ne sommes pas que des techniciens », a-t-il ajouté.

FACTURE ÉLECTRONIQUE, HONORAIRES DE SUCCÈS… RETOUR SUR LES CHANTIERS ET AVANCÉES

Le président de l’Ordre des experts-comptables a également profité de la conférence de presse pour évoquer les chantiers qui attendent la profession, et qui « correspondent à l’axe présenté par le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin » ; à l’instar de la généralisation de la facture électronique à l’horizon 2020.

Cette facture électronique qui est, rappelons-le, une facture ou un flux de factures créé(e), transmis(e), reçu(e) sous forme électronique, quelle qu’elle soit, et qui doit garantir l’authenticité de l’origine, l’intégrité du contenu et la lisibilité, présente « trois grands avantages », a souligné Charles-René Tandé. D’abord, une diminution des coûts administratifs pour l’entreprise, « car le coût de traitement d’une facture électronique est cinq fois moins important que le coût de traitement d’une facture manuelle » ; ainsi qu’une réduction des délais de paiement. Un avantage également pour l’État, comme outil de lutte contre la fraude à la TVA. En effet, en termes de fraude, « Il est fait état de plusieurs milliards », a pointé le président de l’Ordre. Enfin, ce dernier a ajouté qu’il était rassurant pour la profession de savoir que les enregistrements comptables sont fiables, car la dématérialisation des factures est une automatisation pour que l’information rentre dans les systèmes comptables.

« On est certains que les écritures comptables qui sont passées automatiquement par facture électronique sont justes, que la facture existe, qu’elle est vraie. À partir du moment où on a la dématérialisation de la récupération des données bancaires et la dématérialisation des factures, on va pouvoir avoir en continu l’information et restituer à nos clients les éléments du tableau de bord, au quotidien, en temps réel. C’est très pratique pour améliorer les performances des entreprises », a jugé Charles-René Tandé, qui a d’ailleurs précisé qu’une présentation de cette plateforme serait proposée lors du congrès, afin de mettre les experts-comptables présents au parfum.

Le président de l’Ordre a également évoqué la loi PACTE et les différents décrets attendus par la profession, rappelant que « l’ensemble des propositions faites au gouvernement ont été retenues et votées par le parlement », et qu’il était nécessaire de « s’emparer de ces dispositions pour qu’elles aient un impact significatif ». Charles-René Tandé a ainsi souligné que le législateur avait entendu élargir les missions de la profession, notamment via le mandat de règlement, « un point important » qui va permettre au chef d’entreprise de déléguer au cabinet comptable l’ensemble de la chaîne administrative, puisque l’expert-comptable pourra avoir en délégation le règlement des factures des clients, sur le compte bancaire de l’entreprise.

Le président de l’Ordre s’est également dit « satisfait » de la reconnaissance des honoraires de succès. En effet, la loi PACTE permet désormais aux cabinets d’expertise comptable de percevoir des rémunérations complémentaires « liées à la réalisation d'un objectif préalablement déterminé », dans le cadre de toute mission, hors les missions comptables exercées à titre principal et celles participant à la détermination de l'assiette fiscale ou sociale du client, et sans compromettre l’indépendance du cabinet en question.

Charles-René Tandé s’est en outre réjoui du développement des missions de conseil et de la mise en place de compétences spécialisées.

« Le but est que nous gardions cette image de généralistes habituelle, mais que le marché nous identifie aussi comme des spécialistes dans un certain nombre de domaines », a-t-il affirmé. Dernier point : la loi PACTE a ouvert l’accès à un nouveau statut, celui d’expert-comptable en entreprise ; « une revendication que nous avions depuis plus de 20 ans », a appuyé le président de l’Ordre. Pour ce dernier, il s’agit en effet d’un « outil important en termes d’attractivité ». « On va pouvoir savoir, identifier, que tel dirigeant d’entreprise, tel directeur financier, est un expert-comptable en entreprise. On valorise mieux le diplôme, et on obtient une communauté d’échanges professionnels plus riches. Cela évite d’avoir une carrière bêtement rectiligne, et permet plus de souplesse pour qu’un expert-comptable passe d’un système à un autre. En bref, cela donne plus d’opportunités », a conclu Charles-René Tandé.

Bérengère Margaritelli

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