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CHRONIQUE. En ce jour
d’hiver, Stella a beaucoup trop bu. Les policiers qui l’ont interpellée alors qu’elle agressait un homme ont essuyé son courroux, ses insultes et ses
menaces. Désolée mais sans aucun souvenir de cette soirée, Stella ne peut qu’admettre
les faits.
Une grande femme de 29 ans
aux cheveux ras se positionne, légèrement déhanchée, au pupitre de la salle
pénale numéro 3 du tribunal judiciaire de Pontoise. Une juge demande :
« Est-ce que vous
avez pu vous en souvenir depuis ?
- Non. Je me rappelle
juste m’être réveillée dans une cellule.
- Vous étiez chez votre frère
?
- J’étais chez lui depuis
la veille, on buvait.
-Vous vous souvenez de ce
que vous avez bu ?
- Un peu de tout.
- Ça commence comment ?
- Une dispute avec une
amie de ma belle-sœur, des insultes et après plus rien.
- Rien après ?
- À un moment, j’étais à
l’hôpital.
- Ça vous paraît possible
ou pas possible ?
- Que j’aie embrassé quelqu’un, ça ne me paraît pas possible, mais j’ai aucun souvenir. »
Stella est furibonde et
débraillée sur la voie publique, ce soir de février, et s’en prend à son
beau-frère. Les gendarmes appelés interviennent. Ils voient ses yeux vitreux et
sentent l’alcool qui l’imbibe. Un gendarme est frappé, l’autre est mordu, encore
un autre essuie des crachats. Dans la voiture, elle se débat et insulte.
« Elle embrasse à pleine bouche l’un des militaires », lit la
présidente. « Bouche ouverte, langue sortie, c’était atroce »,
témoigne le gendarme sur procès-verbal.
« Je ne suis pas
violente, mais j’ai sale caractère »
A l’hôpital, elle menace :
« Pétasse, salope, je vais te planter. A la sortie je vais te
démonter », ce qui, aux violences et à la rébellion, ajoute des
menaces de mort à la liste des délits qui lui sont reprochés, ce jeudi 15 mai,
devant le tribunal correctionnel. La présidente lui demande : « Vous
n’êtes pas de nature violente habituellement ?
- Je ne suis pas violente,
mais j’ai sale caractère.
- C’est-à-dire ?
- Je suis très sanguine.
- C’est quoi votre
fréquence de consommation d’alcool ?
- Occasionnelle, si y a
une soirée.
- Vous vous rendez compte
des faits que les gendarmes ont dû subir ?
- Je ne me rappelle même
pas, je ne sais pas quoi vous dire. »
L’avocat des parties civiles
lance : « Au lieu de consommer des budgets conséquents en alcool et en
cannabis, elle pourra indemniser les victimes ! » et demande des
dommages et intérêts conséquent. La procureure requiert 10 mois de prison avec
sursis ; et Stella, qui se défend elle-même, panique : « Elle a dit 10
mois, je vais être enfermée ?
- C’est
pas ‘elle’, mais madame le procureur, déjà. C’est du sursis. Ça veut dire que
c’est au-dessus de votre tête.
- Je
me suis pas excusée, alors je m’excuse. Je ne me rappelle vraiment de rien. Je
suis pas comme ça d’habitude. »
Le tribunal condamne Stella à
10 mois de prison avec sursis. Elle devra payer en tout plus de 4 000 euros de
dommages et intérêts.
Julien Mucchielli
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