Article précédent


A Fleury-Mérogis,
Éric Dupont-Moretti a inauguré aujourd’hui le nouveau Centre
francilien de sécurité où seront notamment
accueillies les équipes régionales d’intervention et de sécurité, à l’occasion
de l’anniversaire de ces dernières. Peu connues du grand public, les ÉRIS sont spécialement formées
et équipées pour faire face aux situations de crise.
Alors
qu’a démarré hier une nouvelle campagne de recrutement de surveillants
pénitentiaires, ce mardi marquait l’inauguration par le ministre de la Justice,
à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis et en présence du directeur de
l’administration pénitentiaire Laurent Ridel, du centre francilien de sécurité
(CFS). Cet établissement dont la réalisation a nécessité plus de 15 millions
d’euros regroupera désormais, dans des locaux de 2 300m² spécialement conçus
pour permettre l’entraînement des agents, des brigades canines – chargées de
détecter les armes, les explosifs et les stupéfiants -, un stand de tir, et les
équipes régionales d'intervention et de sécurité (ÉRIS).
L’événement
était d’ailleurs l’occasion de revenir sur les 20 ans de la création de cette police
d'élite des prisons, dont on entend peu parler en France.
Les ÉRIS, forces d’intervention et de dissuasion
dédiées au milieu pénitentiaire, avaient été créées en 2003 dans un contexte particulièrement agité (mutineries
à la maison centrale de Clairvaux, tentative d’évasion au centre pénitentiaire
de Moulins-Yzeure, évasion par explosif à la maison d’arrêt de Fresnes), afin de
renforcer la sécurité des établissements pénitentiaires et d’améliorer « la
capacité de réponse ainsi que la réactivité » de l’administration
pénitentiaire en cas de troubles graves.
Depuis,
elles ont cependant « parcouru un long chemin » et acquis de
nouvelles compétences, a souligné le garde des Sceaux durant son allocution, ce
26 septembre : « Ces équipes ont rapidement su évoluer et ainsi
anticiper les nouvelles menaces. Aujourd’hui, elles sont notamment spécialisées
dans le transfèrement de personnes détenues à la dangerosité remarquable ou
encore dans les interventions sur forcené retranché en cellule. »
« Vous
avez par ailleurs ouvert la voie à la diversification des missions et des
métiers pénitentiaires : je pense aux brigades cynotechniques, aux équipes en
charge des extractions judiciaires ou encore, désormais, aux équipes de
sécurité pénitentiaire », a-t-il précisé.
Pour
la suite, Éric Dupont-Moretti a annoncé l’expérimentation, dès le 1er novembre
prochain, de la toute première brigade motorisée à l’ÉRIS de Paris, qui sera
composée de huit agents spécialement formés au sein du centre national de
formation des motocyclistes de la police nationale. « Elle aura vocation à
garantir une primo-intervention et une projection rapide d’effectifs des ÉRIS sur site, permettant une reconnaissance du terrain et un soutien immédiat à
l’établissement ».
Au
titre des autres évolutions à venir, celle de l’utilisation des drones par les ÉRIS est par ailleurs en réflexion. Le recours à cette technologie permettrait
ainsi de disposer d’un outil supplémentaire de renseignement et de surveillance
« pour assurer les manœuvres opérationnelles et la résolution des
crises dans les conditions les plus sécurisées possibles ».
Aujourd’hui
363 agents constituent neuf équipes régionales d’intervention et de sécurité
réparties dans chaque direction interrégionale métropolitaine de
l’administration pénitentiaire, précise un communiqué du ministère de la Justice. Ces
agents, recrutés parmi les personnels de surveillance, sont spécialement formés
et équipés pour faire face aux situations de crise.
En effet, comme le GIGN ou le
RAID, les ÉRIS disposent d’une dotation en armement différente de celle des
personnels d’établissement, compte tenu de leurs missions spécifiques. Leurs équipements
« leur permettent d’interagir sur différents champs opératoires tels
que le maintien de l’ordre, l’intervention en hauteur, la négociation, le
transport de personnes détenues ainsi que sur des événements ponctuels de haute
intensité comme les prises d’otages ».
Quant
à la nature précise de leurs missions, les agents participent à la prévention,
au rétablissement et au maintien de l’ordre en cas de mouvements collectifs ou
incidents individuels de détenus. « Ils interviennent également en
sécurisation des fouilles sectorielles et en escorte lors de transferts
administratifs de détenus spécifiques et pour la formation des personnels à la
gestion de crise notamment », indique le ministère de la Justice, qui
précise qu’ils
peuvent également choisir de se spécialiser, par exemple dans la négociation ou
le franchissement.
En 2022, les ÉRIS ont réalisé
au total près de 2 500 missions.
Bérengère
Margaritelli
THÉMATIQUES ASSOCIÉES
Infos locales, analyses et enquêtes : restez informé(e) sans limite.
Recevez gratuitement un concentré d’actualité chaque semaine.
0 Commentaire
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *