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Journal Spécial des Sociétés
Audrey Bachert et Zoé Can Koray sont les deux lauréates ex aequo du Prix de Thèse France-Amériques 2020
Publié le 13/02/2020

Le 20 janvier dernier, l’association France-Amériques a exceptionnellement remis son prix de thèse annuel à deux lauréates ex-aequo, Audrey Bachert et Zoé Can Koray, pour leurs travaux de recherches. Le Prix de Thèse 2020 a été remis par Bruno Lasserre, vice-président du Conseil d’État.




éDsormais bien renommé dans le monde universitaire, le Prix de Thèse France-Amériques a vocation à distinguer, chaque année, une thèse de langue française d’excellent niveau portant sur un sujet original de droit, d’économie, de gestion, de science politique, d’histoire ou de civilisation, en rapport avec les États ou les cultures d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale ou du Sud. Doté d’une valeur de 5 000 euros, il est remis au lauréat lors d’une brillante manifestation réunissant au Cercle France-Amériques de nombreuses personnalités civiles, protocolaires et universitaires.


 


Pour l’année 2020, le prix a été exceptionnellement décerné à deux auteures. Actuellement candidate au concours d’agrégation de droit public, Audrey Bachert a été distinguée pour sa remarquable thèse de science politique comparée sur « Les rapports entre cours suprêmes et législateurs dans les systèmes constitutionnels de common law », soutenue à la Faculté de droit d’Aix-en-Provence, et publiée dans la Bibliothèque constitutionnelle et de science politique (tome 150), avec une préface rédigée par le professeur G. Scoffoni. La thèse part du constat que la garantie juridictionnelle des droits et libertés contre la loi est traditionnellement perçue comme un moyen nécessaire pour assurer leur protection. Elle examine dès lors comment cette active défense juridictionnelle des droits et libertés contribue, par une interaction collaborative, à transformer les rapports contemporains du juge suprême et du législateur au bénéfice de la pratique démocratique et de l’État de droit.


 


Deuxième auteure récompensée : Zoé Can Coray, avec une thèse consacrée à une question de droit des sociétés encore peu étudiée en France, intitulée « Le préjudice de l’actionnaire » et ayant pour sous-titre « L’influence américaine », affirmant la connotation transatlantique requise des thèses éligibles au Prix de thèse France-Amériques. Conduite sous la direction du professeur D. Cohen de l’Université Paris II, cette thèse de droit privé puise sa source dans la réticence du droit français à l’instar des pays de droit civil, à réparer ce type de préjudice, réticence induite par la distinction jurisprudentielle fondamentale entre le préjudice purement personnel (réparable) et le préjudice simple corollaire du préjudice social (non réparable). À partir de là, la thèse s’articule en deux parties successivement vouées à une appréciation critique du droit positif français, réputé restrictif en cette matière, et à l’élaboration d’un droit prospectif, très inspiré de la pratique américaine, ouvert au préjudice réparable et à l’amélioration des voies d’action. Le premier point est notamment animé d’une confrontation avec le droit boursier, mieux disposé envers le préjudice de l’actionnaire. Le second donne lieu à un essai d’adaptation, en droit français, des critères et pratiques de common law et particulièrement américains.