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Journal Spécial des Sociétés

Entretien avec Corinne Lepage - Rédactrice de la Déclaration des droits de l'Humanité

Publié le 09/08/2017


Le 4 juin 2015, François Hollande lui avait confié la rédaction d’une Déclaration universelle des droits de l’Humanité : le 2 novembre de la même année, le texte était rendu public. Depuis, Corinne Lepage ne cesse d’en faire la promotion et de récolter des signatures. L’ancienne ministre de l’Environnement vise les États, mais surtout la société à travers, notamment, les barreaux, c’est pourquoi elle était, présente lors de la rentrée solennelle de celui de Marseille.


Pourquoi une Déclaration universelle des droits de l’Humanité ?


En face des défis immenses qui concernent tous les humains : changement climatique, désertification, évènement extrême, destruction de la biodiversité, il est nécessaire de définir des Droits et devoirs pour permettre le maintien de la vie sur Terre et une vie digne à nos descendants.


Quelle est la spécificité de cette déclaration ?


C’est une déclaration qui se veut être le complément, le pendant, de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) pour tous les sujets collectifs qui nous concernent. Ce n’est pas seulement un texte sur l’environnement, il aborde aussi le développement et le progrès technique qui concerne l’humanité dans ses droits et dans ses devoirs. C’est un texte très court qui comporte six droits et six devoirs, mais aussi quatre principes simples : la responsabilité et la solidarité, l’équité intergénérationnelle, la dignité humaine et le droit au développement et enfin le principe de continuité de l’espèce humaine.

L’article 8 de la Déclaration des droits de l’humanité est ainsi rédigé : « L’humanité a droit à la préservation des biens communs, en particulier l’air, l’eau et le sol, et l’accès universel et effectif aux ressources vitales. Les générations futures ont droit à leur transmission ». C’est écrit de manière simple, pour que ce soit accessible et traduisible. La déclaration l’est aujourd’hui dans toutes les langues de l’Union, en chinois et en Russe. C’est important qu’il y ait des barreaux pour signer, car chacun d’entre eux va être un ambassadeur dans son propre pays.

 

Pourquoi vous êtes-vous tournée vers les avocats ?


L’humanité c’est tout le monde. Donc notre objectif a été de ne pas nous limiter aux États (les Comores ont déjà signé la déclaration au moment de la COP22 à Marrakech) mais de viser toute la société. Les collectivités publiques sont très importantes, comme les régions. Celle de Tanger au Maroc a signé par exemple. Nous avons un travail qui est à la fois de porter la DDHU aux Nations unies, le Président Hollande l’a envoyée en avril 2016, et tout un travail dans la société parce que l’humanité c’est vous et moi et pas seulement les États. Lorsqu’on évoque la continuité de l’espèce humaine, nous sommes tous concernés. C’est important que les avocats soient porteurs de cette déclaration, parce qu’ils sont porteurs et défenseurs du droit. Je suis très heureuse qu’il y ait des barreaux étrangers aujourd’hui. Les barreaux européens vont également s’en saisir grâce au bâtonnier de Paris qui s’en occupe. Aujourd’hui, nous avons celui de Californie. C’est capital que ce texte essaime dans le monde et que les avocats s’en fassent les ambassadeurs. Ils sont les meilleurs émissaires dont on puisse rêver.


Est-ce que cela pourrait aboutir à un texte contraignant ?


Si le pacte de Laurent Fabius était un jour signé (le pacte mondial pour l’environnement, « qui sera un traité » selon le président du Conseil constitutionnel, a été élaboré par une équipe de juristes internationaux et sera bientôt présenté à la communauté internationale NDLR) ce serait un texte contraignant. Mais, il ne prend qu’une partie du sujet : celle relative à l’environnement. La partie humanité n’existe pas. Ce que je voudrais, c’est que cette DDHU soit adoptée aux Nations unies. Elle restera une déclaration, comme la DDHC, c’est-à-dire qu’elle ne sera pas contraignante, mais c’est quand même un texte avec une très grande valeur morale.


 

Propos recueillis par Victor Bretonnier

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