Réseaux sociaux JSS
Réseaux sociaux JSS
Réseaux sociaux JSS
Réseaux sociaux JSS
Réseaux sociaux JSS
Journal Spécial des Sociétés
Entretien avec Mama Mfomegnam, créateur de Diaspora Santé et lauréat du Réseau Entreprendre Yvelines 2018
Publié le 02/01/2019 11:04



Diaspora Santé a été créé par Mama Mfomegnam. Ce service propose de souscrire à une assurance maladie 100 % digitale au profit d’un proche habitant en Afrique. Le bénéficiaire reçoit ainsi une carte de santé tiers pays qui lui permet de se soigner sans avancer les frais au sein des structures appartenant au réseau de soins conventionnés. Nous avons interviewé le fondateur de la plateforme qui, par la création de ce service, vise à faciliter l’accès aux soins en Afrique.

 


Pouvez-vous nous présenter Diaspora Santé ?


Diaspora Santé a été fondé en 2015 pour permettre à la diaspora africaine d’assurer la protection santé de leurs proches restés sur le continent. Les premières souscriptions ont débuté après deux ans de R&D et de partenariat avec les grands acteurs de l’assurance en France et en Afrique. À partir de diasporasante.com, une personne vivant en France ou dans un autre pays peut prendre une assurance santé pour un proche « resté au pays ». Ce proche peut être un enfant,
un parent, mais aussi un membre de la famille élargie comme un neveu (ou même un ami d’enfance s’il le souhaite).


 


Quand et comment est née l’envie de créer ce service ? Quel a été l’élément déclencheur ?


J’ai travaillé pendant quinze ans dans le secteur des assurances en Afrique et en France, notamment comme responsable innovation dans l’assurance traditionnelle et responsable infrastructure de production dans l’assurance digitale, ce qui m’a permis d’étudier ce secteur d’activité.


En Afrique, le taux de couverture santé est très faible comparé aux pays européens (seulement 2 % au Cameroun en 2016). Comme dans la plupart des pays africains, il n’existe pas de caisse primaire d’assurance maladie. De plus, les offres sont davantage orientées vers les entreprises. En général, c’est la diaspora africaine qui prend en charge la santé de leurs proches restés au pays. Il faut alors passer par le transfert d’argent, et une fois sur place, l’argent n’est pas toujours utilisé à bon escient. L’automédication et le recours aux tradipraticiens sont encore très développés chez certaines populations.


En étant sur le terrain, j’ai pu me rendre compte du problème d’accès aux soins de santé et de l’absence d’offre simple, complète et accessible partout pour les particuliers. J’ai donc décidé de lancer la plateforme diasporasante.com pour fédérer la diaspora africaine, en améliorant l’accès aux soins de santé de leurs proches restés sur le continent.


 


Quels étaient les principaux objectifs ?


Tout d’abord de permettre au plus grand nombre d’Africains d’avoir une bonne couverture santé.
La santé est un droit humain fondamental, toute personne doit avoir la possibilité de souscrire à une assurance santé. Il y a ensuite un travail d’information pour faire comprendre les bénéfices d’une assurance maladie. Enfin, pour la diaspora africaine, Diaspora Santé a été créée pour simplifier la prise en charge de leurs proches en Afrique et surtout pour leur éviter le stress du transfère d’argent en urgence en cas de maladie d’un proche.


Nous souhaitons aussi apporter une dimension humaine derrière cette plateforme. Bien que cette dernière soit 100 % digitale, les personnes qui nous contactent doivent bénéficier des meilleurs conseils et d’un suivi rapide et personnalisé.


 


Vous êtes lauréat du Réseau Entreprendre Yvelines – promotion 2018. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?


C’est tout d’abord une reconnaissance pour Diaspora Santé. Cela nous conforte dans le fait que notre société a un beau potentiel et répond à un réel besoin. C’est aussi un grand soutien dans notre processus de développement. Nous ne sommes plus seuls dans l’aventure entrepreneuriale. Nous bénéficions d’un vrai accompagnement d’un parrain entrepreneur expérimenté et expert dans notre domaine d’activité. Sur ce point, je tiens à remercier Monsieur Patrick Dohin et tous les membres du Réseau Entreprendre Yvelines, et plus particulièrement Monsieur Vincent Tonneau, pour son aide précieuse et son appui de tous les jours.


Quels profils souscrivent majoritairement à votre service ?


Surtout des Camerounais, puisque nos solutions ne sont pour l’instant disponibles qu’au Cameroun. Nous allons cependant ouvrir en cette fin d’année deux nouveaux pays : le Tchad et la Côte d’Ivoire.


Les personnes qui souscrivent sont principalement en Europe mais aussi en Amérique du nord, au Maghreb, et bien sûr au Cameroun. Nos différentes formules permettent de toucher le plus grand nombre : depuis l’étudiant qui souscrit pour sa mère au pays, le salarié ou encore le cadre dirigeant qui souhaite protéger ses enfants, son conjoint ou ses frères et sœurs, etc.


 


Combien de salariés avez-vous pour l’instant ?


Nous avons plusieurs équipes. L’une est présente en France pour le développement et la plateforme d’appel. Au Cameroun sont installées une équipe d’ingénieurs pour la plateforme numérique ainsi qu’une équipe d’animation commerciale. C’est plus d’une dizaine de personnes qui travaillent sur Diaspora Santé.


 


Créer sa start-up n’est pas toujours facile. Avez-vous reçu des aides ? Avez-vous reçu une formation spécifique ? En quoi consistait-elle ?


Travaillant dans le secteur informatique depuis des années, j’avais les compétences nécessaires dans le développement de la plateforme. J’ai par ailleurs réalisé une licence en économie gestion ainsi qu’un master en finance option assurance, avant de me lancer et d’obtenir l’agrément en France.


Dans les Yvelines, YCID nous a octroyé un financement de 30 000 euros et une bourse de stage qui nous a permis d’agrandir notre équipe en France.


 


Quels sont, à moyen terme, vos objectifs ?


Nous souhaitons distribuer nos solutions dans 25 pays d’Afrique d’ici 2020. Après la Côte d’Ivoire et le Tchad à la fin de l’année, nous poursuivrons avec le Sénégal, le Mali, la Guinée Conakry et le Nigéria. Nous espérons ainsi augmenter le taux de couverture santé dans tous ces pays pour qu’il se rapproche du niveau européen.


 


Propos recueillis par Constance Périn


 


1 commentaire
  • 1 + 7 =
- l'année dernière
Beaucoup de courage à vous. j'espères que d'ici 2020 comme vous le dites diaspora santé sera aussi répandu

Journal Spécial des Sociétés - 8 rue Saint Augustin - 75002 Paris - Tél 01 47 03 10 10