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Journal Spécial des Sociétés
Secouez-la ! - Quelle histoire derrière la fameuse boule à neige ?
Publié le 23/01/2020

Qui n’a jamais secoué une boule à neige pour voir ses flocons blancs tomber mollement sur la tour Eiffel ou sur son lieu de vacances préféré ? Certains brevets d’invention déposés au 19e siècle permettent de découvrir les origines de cet objet passé du kitch au culte.



 


Selon la légende, un maître-verrier de Bayeux aurait créé le fameux objet-souvenir pour soigner le mal du pays d’une belle lituanienne en enfermant de la neige dans un globe en verre. Capturer les flocons devait rappeler à l’exilée les paysages de son pays natal. Fantaisiste mais poétique, l’histoire laisse place à une fiction qui nourrit l’imaginaire.


Quoi qu’il en soit, c’est en 1878 que la boule à neige est évoquée pour la première fois. Le terme apparaît dans un rapport d’émissaires américains venus visiter l’Exposition universelle de Paris. Ils y décrivent un « presse-papier en verre soufflé abritant un bonhomme sous un parapluie. Retournez l’objet, et il tombe à l’intérieur une poudre blanche imitant une tempête de neige ».


En revanche, pas un mot sur l’inventeur. Aucun brevet n’a été déposé. Pourtant, les chionosphérophiles, collectionneurs de boules à neige, indiquent que c’est l’œuvre d’un verrier parisien, un certain Pierre Boirre, directeur d’une verrerie et cristallerie aux Lilas, près de Paris. L’objet serait donc inspiré de ces fameux presse-papiers en verre contenant des inclusions colorées.






Quelques unes des planches issues des brevets d’invention illustrant l’évolution de la boule à neige depuis le milieu du 19e siècle






Un verrier parisien à l’origine des deux premiers brevets


Pierre Boirre dépose en effet deux brevets d’invention, en 1864 et 1867, dans lesquels il est question non pas de boule à neige, mais de boule panoramique. Dans l’un d’eux, il se déclare d’ailleurs « fabricant de boule panoramique ». à la lecture des dossiers, il semble que ces boules, dites aussi « miroirs de jardins », soient des sphères décoratives, en verre ou en cristal, contenant des fleurs ou des fruits artificiels. N’y aurait-il qu’un pas entre la boule panoramique et la boule à neige ?


Un autre brevet d’invention, déposé en 1889 par un certain Pierre-Marie Dréville, fait le lien avec les presse-papiers. Dréville se déclare « fabricant de presse-papier, boules de neige et autres » et son invention porte sur un « perfectionnement au presse-papier boule à effet de neige ». La même année, lors de l’Exposition universelle de 1889, un autre verrier a l’idée d’insérer une tour Eiffel dans l’une de ces boules, transformant l’objet en souvenir de l’événement. L’idée géniale d’englober une scénette dans une boule en verre enneigée donne ensuite une multitude de déclinaison.


Tout comme la tour Eiffel, tout est prétexte à être enflaconné : monuments, paysages, sites touristiques, personnages. Jusque dans les années 50, la mode ne faiblit pas : chaque ville, chaque monument, chaque événement possède sa boule à son effigie. Le développement des matières plastiques lui confère l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. La production devient abondante et diversifiée, mais de plus en plus industrialisée et mondiale, au détriment d’une production locale et artisanale.


À partir des années 90, la boule intéresse les marques et les agences publicitaires pour devenir un emblème institutionnel, un objet promotionnel voire même « collector ». Devenues intemporelles, les boules à neige séduisent aujourd’hui les plus grands et deviennent ainsi un média de communication à part entière.


 


Steeve Gallizia,

Chargé de la valorisation des archives patrimoniales de l’INPI


 


 


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