Banque de France : le surendettement en recul en 2022
Publié le 20/01/2023 à 09:00

Le nombre de dépôts de dossiers de surendettement l’année dernière a chuté de 7 % sur un an, confirmant la tendance sur la dernière décennie. En revanche, les incidents de remboursement de crédits ont bondi pour retrouver leurs niveaux de 2019.

Le surendettement continue de reculer en France. La Banque de France a publié ce mardi 17 janvier son baromètre mensuel de l’inclusion financière, qui fait le bilan de l’année 2022. Sur l’ensemble de l’année, le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de la banque centrale est en baisse de 7 % par rapport à l’année précédente, avec 113 081 dossiers en 2022 (contre 120 975 en 2021). Ce nombre se rapproche de celui pour l’année 2020, marquée par l’émergence de la pandémie de covid et le lancement de la politique du « quoi qu’il en coûte », qui avait permis de limiter les défaillances financières. « Ainsi, depuis 2014, année record en matière de dépôts, le nombre de dossiers a été divisé par deux », note la Banque de France. À noter que sur le seul mois de décembre, le volume de dépôts de dossiers de surendettement est resté proche de celui de décembre 2021 (-2 % en un an).

Le nombre de désignations de banques pour l’ouverture d’un compte, qui permettent aux interdits bancaires et aux personnes surendettées d’ouvrir un compte en banque dans un établissement désigné par la Banque de France, est en légère baisse sur une année, avec 33 264 désignations d’établissements de crédit enregistrées en 2022 (-4 %).

Les incidents de remboursement en forte hausse

Les inscriptions au fichier central des chèques (FCC), déclenchées lors de l’émission d’un chèque sans provision non remboursé, sont quant à elles en légère hausse de 8 % sur l’année écoulée, mais restent à un niveau bien inférieur à l’avant-covid, avec une chute de 33 % par rapport à 2019.

 

 

Du côté des incidents bancaires, la tendance est moins réjouissante. Le nombre d’inscriptions au fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), recensant les incidents de paiement sur des crédits accordés pour des besoins non professionnels, a bondi de 18 % entre 2021 et 2022, retrouvant son niveau pré-pandémique.

Dans son baromètre, la Banque de France donne des détails sur le profil sociodémographique des personnes surendettées. Le profil type est donc un homme (54 %) âgé entre 35 et 54 ans (47 %) qui a subi une baisse de ses ressources (22 %) ou un licenciement (21 %). Concernant le niveau de vie, la personne surendettée a bien souvent des ressources situées sous le seuil de pauvreté (53 %), mais peut aussi dépasser ce seuil sans pour autant atteindre le revenu médian français (39 %). Elle est dans la grande majorité des cas locataire (74 %).

La plupart des situations de surendettement existent en raison de dettes à la consommation ou de dettes de charges courantes, présentes respectivement dans 72 et 77 % des dossiers.

 

Alexis Duvauchelle

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