Au début du mois, le baromètre national des entreprises a
livré ses résultats pour 2022. Bilan de l’année passée : un envol des
entreprises en difficulté, une hausse des radiations et une baisse des
créations d’entreprises. Un état des lieux qui est toutefois à relativiser en
regard de 2019.
Bien que la France ait su se
démarquer en étant le pays le moins inflationniste de l’Union européenne, grâce
notamment à son bouclier tarifaire, et si un certain nombre d’entreprises ont
tenu le coup en 2021 avec les aides instaurées par l’État, la disparition
progressive de ces dernières a entraîné des difficultés pour bon nombre de
sociétés.
En 2022, le bilan national des
entreprises, élaboré par le Conseil national des greffiers des tribunaux de
commerce et l’institut Xerfi, fait ainsi état de 34 082 entreprises en
difficulté, soit une hausse de 53 % à un an d’intervalle.
De leur côté, les liquidations judiciaires,
au nombre de 26 175, ont augmenté de plus de 50 % en 2022.
Par ailleurs, sur la période du 1er
janvier au 30 novembre 2022, les créations d’entreprises ont diminué de
7 %, avec 522 521 immatriculations.
Des
entreprises en difficulté sur tout le territoire post crise sanitaire
L’an passé, les créations d’entreprises ont reculé sur tous les
territoires de la France métropolitaine. Dans le détail, la région Pays de la
Loire est celle qui a connu la plus forte baisse de créations d’entreprises
avec un recul de 10 %, suivie de près par le Centre-Val de Loire avec
-9,9 %, et la Nouvelle-Aquitaine avec -9,6 %. L’Île-de-France de son
côté connaît un recul de 4,7 %.
Autre composante commune à tous les territoires : l’envolée du
nombre d’entreprises en difficulté. Les Hauts-de-France, qui s’étaient
distingués en 2021 par une forte dynamique en termes d’immatriculations, se
sont classés un an après en première position sur le volet des entreprises en
difficulté (+82,3 %). Vraisemblablement, les entreprises récemment créées
y sont moins pérennes.
Bien que de nombreux secteurs d’activité aient été touchés, les secteurs
les plus en difficulté sont ceux de la restauration et de l’hébergement.
L’hébergement et la restauration durement touchés
Bien que de nombreux secteurs d’activité aient été impactés, les
secteurs de l’hébergement et de la restauration ont sans conteste été les plus
durement touchés, avec +103 % d’entreprises en difficulté sur la période
du 1er janvier au 30 novembre 2022, et +11 % de radiations.
Cependant, côté immatriculation de sociétés, c’est le secteur du transport et
entreposage qui affiche le taux le plus élevé, avec 42 % de créations
d’entreprises en moins, et 54 % d’entreprises en difficulté et 37 %
de radiations en plus.
En outre, nombre d’entreprises nées en parallèle de la crise sanitaire
n’ont pas survécu face aux aléas de 2022. Ainsi, 93 727 entreprises créées
depuis 2020 ont prématurément disparu deux ans plus tard, soit un tiers des
radiations totales.
Une augmentation des radiations bénéfique pour
les plus fragiles
Sur la période du 1er
janvier au 30 novembre 2022, les tribunaux de commerce ont enregistré une
augmentation de 14 % des radiations d’entreprises du Registre du commerce et des sociétés, soit 315 824
radiations cette année-là. Parmi elles, la moitié sont des entreprises
individuelles.
Dans le détail, on constate +7 % de radiations d’office, +17 %
de radiations suite à une procédure collective, et +26 % de radiations
volontaires. À savoir que dans le contexte de la crise sanitaire, les aides ont
permis aux entreprises les plus fragiles de se désengager plus facilement.
Beaucoup de jeunes entreprises ont fait partie du lot, l’équivalent de
30 % des radiations. En particulier, le secteur du e-commerce subit le
contrecoup des effets d’aubaine ponctuels créés pendant la pandémie et ayant
permis une augmentation de créations d’entreprise dans ce secteur d’activité.
Toutefois, parmi les jeunes sociétés créées avant 2020, le secteur de
poste et de courrier est celui qui enregistre le plus de cessations d’activité
avec 15 590 radiations, loin devant la vente à distance sur catalogue
spécialisé (4 272), la restauration rapide (1 082) ou encore le
transport de voyageur par taxis (1 288).